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CINEMA

Planètes : une odyssée végétale et poétique sur la quête d’un foyer

animation - 1h16 - de Momoko Seto

Dès 8 ans

Imaginez quatre graines de pissenlit, Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, survivantes d’une Terre ravagée par des explosions nucléaires, projetées dans l’immensité du cosmos. Leur quête ? Trouver une planète où poser leurs racines, un sol accueillant pour assurer la survie de leur espèce. Mais sur cette terre inconnue, chaque élément, climat, faune, flore, se transforme en obstacle. Planètes, le nouveau film de Momoko Seto, est aventure visuelle, une métaphore poétique des migrations environnementales, une réflexion sur la difficulté de trouver sa place dans un monde en mutation qui s'adresse aux plus jeeunes dès 8 ans.

Momoko Seto, réalisatrice franco-japonaise, puise dans son histoire personnelle pour donner vie à ce récit. « Mes parents me disaient souvent que je n’avais pas de racines stables », confie-t-elle. « Planter ses racines », cette expression japonaise qui mêle ancrage physique et équilibre psychologique, est au cœur de son œuvre. Après une série de courts-métrages explorant le monde végétal à travers des techniques de macro, de time-lapse et de ralenti, Seto pousse l’expérience encore plus loin avec Planètes. Ici, le réel et l’imaginaire s’entremêlent : des paysages minuscules deviennent des décors gigantesques, des champignons se transforment en monuments architecturaux, des têtards en créatures volantes.

Le film, tourné sur 260 jours et dans des lieux aussi variés que l’Islande, le Japon, la Bourgogne ou Roscoff, est une ode à la nature et à sa complexité. « Nous avons filmé des bousiers, des limaces, des fougères, des pleurotes… », explique la réalisatrice. « Chaque séquence est le fruit d’une observation patiente, d’une collaboration avec des scientifiques pour capturer le vivant dans son état le plus naturel. » Le time-lapse - effet d'ultra accéléré réalisé image par image sur des durées plus longues - technique clé du film, révèle l’invisible : la croissance d’une plante, la décomposition d’une feuille, la naissance d’un têtard. « En accélérant le temps, on perçoit enfin ce qui nous échappe d’ordinaire. »

Sans dialogue ni voix off, Planètes mise tout sur la musique pour transmettre ses émotions. Nicolas Becker, oscarisé pour Sound of Meta, et Quentin Sirjacq, ont imaginé les sons d’un monde où les graines de pissenlit s’inquiètent, où les limaces géantes glissent, où les têtards volants s’envolent. « Comment exprimer la peur, la joie ou la détermination avec une graine qui n’a ni yeux ni bouche ? », s’interroge Guillonne Leroy, responsable de l’animation. Chaque akène a sa personnalité : Dendelion, le leader courageux ; Taraxa, le rêveur poétique ; Léonto, le craintif ; Baraban, le bougon. Pour les animer, quatre comédiens ont interprété leurs mouvements, attachés pour mimer la morphologie des graines, créant une gestuelle à la fois sensible et expressive.

Planètes est aussi un film conjugué au féminin. « Nous avons surtout filmé des femelles, plus grosses et plus visibles », précise Seto. « Le film montre plusieurs types de naissance : celle d’un univers, d’un anneau planétaire, de têtards… » La nature y est actrice, jamais décor. « Ce qui m’intéressait, c’était de montrer toute la complexité de la nature, pas une représentation stylisée. » Le résultat est une épopée visuelle et sonore, une invitation à regarder le monde autrement, à s’interroger sur notre place dans un écosystème fragile.


- La rédaction

Journaliste

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